mercredi 14 février 2018

La Deuxième Première St Valentin

Il y a un an je rencontrais ce grand barbu, un peu fâché avec les cédilles. 

Il y a un an, je riais de moi en me disant que j'allais encore me planter lamentablement. 

Il y a un an, je n'imaginais pas que j'en serais là, un an plus tard. 

J'aime cet homme. 

Je l'aime parce qu'il est beau et grand. Et surtout parce qu'il est barbu. 

Je l'aime parce qu'il a de l'humour. Et qu'on arrive tous les deux à désamorcer une situation compliquée en disant une connerie. 

Je l'aime parce qu'il est toujours là, toujours. Le soir quand je me couche et le matin quand je me lève. Même quand il aurait de bonnes raisons de ne pas être là. 

Je l'aime parce qu'il me connait par coeur, dans les bons et surtout dans les mauvais moments, quand je suis malade, quand je suis horrible, quand j'ai envie de tuer tout le monde et quand je doute sur moi, sur nous, sur tout. Il me connait par coeur et il est toujours là. 

Je l'aime parce qu'il a rempli un dossier pour mettre son appartement en location et qu'il a commencé à ramener ses affaires à la maison. Il se tape 100 bornes par jour pour être là. Et je sais (parce que je lui ai demandé 1000 fois) qu'il voudrait n'être nulle part ailleurs. 

Je l'aime parce qu'il dit "notre fils" pour parler de Brugnon et que Brugnon l'appelle "mon papa" avant de se rappeler que ce n'est pas tout à fait vrai.  

Je l'aime parce qu'il a une famille formidable, qui m'a accueillie comme si j'étais de la famille quand je n'avais pas l'impression de mériter ma place. 

Je l'aime parce que sans le vouloir, rien que par sa présence, il a apaisé les tensions qu'il y avait entre ma mère et moi.

Je l'aime parce qu'il m'accompagne dès qu'il peut quand j'emmène Brugnon chez mes parents pour le week-end, quand on se tape 180 bornes dans la soirée, juste parce qu'il aime être avec moi.

Je l'aime parce qu'il ne joue pas les machos. Il me laisse conduire ma voiture parce que c'est MA voiture et il fait le ménage. Et il ne voit pas où est le problème. 

Je l'aime quand il fait le petit déjeuner complet le dimanche parce que je lui demande. Et parce qu'il tire la couette sur moi quand je me couche pour être sûr que je n'attrape pas froid. 

Je l'aime parce qu'il n'oublie jamais de me faire un bisou avant de dormir, avant de partir ou en arrivant. 

Je l'aime parce qu'il porte tous les sacs quand on rentre des courses et quand il voit que je grimace à en porter un, il sort une 5ème main de sa manche pour le prendre. 

Je l'aime parce que, grâce à lui, j'ai pu réaliser un rêve de petite fille et voir le haka en vrai (même si on a perdu). 

Je l'aime parce qu'il n'arrête pas de hurler qu'il ne veut pas d'enfant, mais que si par hasard il y en a un qui se pointait, il serait là et il serait content. 

Je l'aime parce qu'il prend tous mes problèmes, toutes mes angoisses, pour apaiser mes craintes, mais qu'il se garde bien de partager ses propres démons pour ne pas m'inquiéter (pas de bol, je connais sa tronche angoissée maintenant). 

Je l'aime pour son humilité, pour sa tendresse, pour ses grands yeux rieurs et pour son addiction aux jeux vidéos. 

Je l'aime quand il fait des rubik's cubes en moins d'une minute mais qu'il ne sait pas qui est Paul Bocuse. 

Je l'aime parce que j'ai toujours l'impression que je ne le mérite pas et qu'il est beaucoup trop bien pour moi. 

Je l'aime parce qu'il s'est battu, il a grappillé mon amour petit à petit, à force de patience, à force de tolérance et à force de persévérance. Sans me brusquer, sans me faire peur.

Je l'aime parce qu'il m'a acceptée toute entière, avec mes casseroles, mon coeur à rafistoler et le gamin que j'avais dans ma besace. 

Je l'aime parce qu'il soulage toujours mon quotidien, que la vie est facile auprès de lui et qu'il la rend plus belle.

Je l'aime parce qu'il nous rend meilleur, qu'il nous rend heureux.

Je l'aime parce qu'il fait de nous une famille.

Il est mon partenaire, mon ami, mon compagnon, mon barbu. 

Manu, je t'aime. 





lundi 5 février 2018

Vapote - le bilan 6 mois plus tard.

Il y a quelques mois, je te parlais de la vapote

Aujourd'hui, cela fait 200 jours que j'ai arrêté la cigarette et pas mal de choses ont changé, il était temps que j'actualise mon article. 

Pour le matériel : 

Je commençais à arriver à bout de l'Ego Aio. Trop petite, trop peu d'autonomie, et surtout trop de différence de goût entre ce que je goûtais en shop et ce qui était rendu par la machine. Je vapotais plus par habitude et besoin que par plaisir. Je pense que j'aurais pu retomber dans la tentation de la cigarette. J'ai donc demandé à Noël une machine un peu plus grosse. On avait un budget limité (70 €) et aucune envie de faire du "renconstructible" c'est à dire, de bricoler soi-même ses résistances. 

Le vendeur nous a conseillé une Tarot Nano Vaporesso. Je ne vais pas entrer dans les détails, mais elle me convient bien mieux. 

Elle consomme moins de résistance (parce que le liquide est davantage en contact avec la résistance je pense), elle a une autonomie plus importante (je peux tenir plus de 2 jours sur la batterie, contre à peine 1 sur la Ego), on peut gérer parfaitement le flow (la quantité d'air qui rentre dans la vape et donc l'intensité), la température et la puissance. Et - à mon sens - elle a un bien meilleur rendu des saveurs. On fait souvent un concours avec l'égo aio et la mienne et la victoire est toujours au rdv pour la tarot nano (et en plus, elle est canon). 





Pour les liquides : 

Depuis quelques jours, j'avais des nausées, des suées, je faisais des malaises j'étais vraiment très bien. Comme pour le sous-dosage, il m'a fallu pas mal de temps (et d'idées plus terrifiantes les unes que les autres) avant de penser à un éventuel sur-dosage. Je vais donc redescendre à 3 mg. J'apprécie cette diminution progressive, je n'ai pas besoin de me motiver pour arrêter, c'est mon corps qui me fait comprendre qu'il n'a plus besoin d'autant de nicotine qu'avant. Et je trouve ça beaucoup plus sain et facile pour moi. 

A force de vaper, j'ai fini par trouver mes goûts. Je n'aime plus les gourmands, trop écoeurants, je suis friande de fruités un peu acides et de boissons style coca, limonade, mojito et prochainement red bull (quand je vous disais que tout est possible). 

Je suis maintenant une adepte du prêt à vaper en grand format. On achète 50 ml de base/arome en 0 mg de nicotine, et on rajoute des boosters dedans. C'est plus rentable et ça dure plus longtemps. 
Par exemple, en 6 mg, en petit format, on consommait 5 flacons, donc 50 ml par semaine (à deux). En grand format, on est à 50 ml + 2 boosters soit 70 ml pour le même prix (voire moins cher en fonction de ce qu'on achète).

Est-ce que c'est toujours rentable ? 

Oui toujours. Même si j'ai reçu une nouvelle machine, je consomme moins de résistances donc elle me revient moins cher. Grâce à une application, j'ai calculé que j'avais économisé 600 € depuis l'arrêt de la cigarette, et je dirais qu'environ la moitié de cette somme a été réinjecté dans la vape. J'ai donc diminué mon budget de moitié et ça n'est pas négligeable. 

Je suis toujours contente d'avoir arrêté. Je ne vois que des avantages (pour moi) à la vapote. La première c'est vraiment l'odeur. Je n'imaginais pas que mon intérieur (et moi-même) sentait aussi mauvais. Ma voiture, mes draps, mes vêtements... tout sentait mauvais ! 

Je ne vais pas revenir sur les controverses de la vapote. Les études se répondent les unes aux autres. Je vous dirais simplement que bien sûr, on inhale quand même du produit, que oui, on a encore peu de recul sur le vapotage. On en a par contre beaucoup sur la cigarette. Et j'ai plus de souffle donc je pense que c'est quand même moins nocif même si ça n'est pas pour ça que j'avais opté pour la cigarette électronique. 

Je n'ai pas eu envie de retoucher une seule cigarette depuis que j'ai commencé. Je suis vaccinée. Vraiment. Et je n'ai pas du tout l'impression de faire preuve d'une quelconque volonté (ce qui me va très bien). 

J'ai découvert tout un univers grâce aux communautés sur Facebook et j'ai pu me faire conseiller par des gens expérimentés et pleins de bonnes idées. 

C'est vraiment une bonne alternative. 




mardi 30 janvier 2018

Le dernier Mustela.

Oui je sais, le Mustela c'est plein de caca, ça coûte la peau des fesses, bref, c'est pas bien. 

Sauf que moi, j'adore l'odeur du Mustela. Et comme un mouton, depuis que mon fils est né, je ne l'ai lavé qu'avec ça. Quand il a fait son eczéma, je suis passée à quelque chose de plus "healthy" comme on dit aujourd'hui, mais j'utilisais toujours le Mustela pour les cheveux, juste pour l'odeur. J'ai essayé d'autres produits, mais rien à faire, c'est Mustela que j'aimais le plus.

Au fil des promos et des dons, j'ai réussi à tenir jusqu'ici mais il est temps que je sorte ça de mes "extras" financiers. 

Et puis surtout, mon fils va avoir 5 ans quoi. 

C'est plus un bébé. On a rangé les couches et la poussette depuis 2 ans (encore que la poussette est de retour mais c'est pas de gaité de coeur), les biberons l'année dernière, le parc et la chaise haute ont été vendus... bref, petit à petit on oublie. 

Ce n'est pas vraiment un "manque" de bébé. Avoir un grand garçon c'est super aussi. ça dort, déjà. Et puis c'est rigolo. C'est une fierté de le voir grandir chaque jour et de voir sa personnalité s'affirmer. Et je papouille des bébés toute la journée alors bon, le manque se gère quand même. 

Mais les odeurs et moi c'est tout une histoire. Je déteste certains parfums juste parce qu'ils ont été associés à de mauvaises expériences quand j'étais enfant (c'est là que je me suis rendue compte que je détestais mon orthophoniste). 

Alors ça faisait plusieurs semaines que j'essayais de me convaincre "à la fin de ce flacon, on passe à un shampoing de grand". J'ai même prévenu mon fils pour qu'il me remette dans le droit chemin si jamais je vacillais. 

Et voilà, il est fini. Cet après-midi je vais aller acheter un shampoing pour enfant, un autre, un du supermarché. 

Et je vais commencer mon deuil olfactif. 


vendredi 26 janvier 2018

Cet album qui a sauvé ma vie (avec de la musique dedans)


Oui je sais, le titre est racoleur. Comme si un album pouvait sauter dans la Seine pour me sauver de la noyade. Oui mais voilà, en le réécoutant l'autre jour, il se trouve que ça m'a sauté aux yeux ou du moins, aux oreilles. 

Il y a 20 ans (bordel) j'entrais au collège. Moi la gamine si différente des autres, j'entrais dans ce lieu sans pitié rempli d'adolescents aux codes vestimentaires et comportementaux qui m'échappaient totalement. Et pour la première fois de ma vie, en plus, j'étais séparée de ma meilleure amie de l'époque. J'ai passée l'année de 6ème en solitaire. 

Les années se sont écoulées, plutôt bonnes en matière de notes mais catastrophiques en terme de relations sociales. J'ai eu honte de moi, j'ai  pleuré, beaucoup. Ma mère s'est sacrifiée pour m'offrir des vêtements de marque en pensant que ça changerait quelque chose si je m'habillais "comme eux". 

Aujourd'hui c'est enfin un phénomène de société reconnu et pris au sérieux. 

Le harcellement scolaire. 


Les brimades, les rires, les bousculades, les coups, les crachats. 

Ce n'était pas normal. Mais à l'époque tout venait de moi, ça n'était que moi, moi l'intello coincée et gamine dans ma tête qui ne comprenais pas le monde dans lequel j'évoluais et qui n'arrivais pas à m'adapter aux autres.

Bref. 

Au printemps 2001, je finissais ma 3ème avec, enfin, la perspective de changer d'établissement, de passer au lycée et d'être enfin tranquille (rassurez-vous ça a été le cas). Notre prof d'espagnol était absent et on nous a proposé une prof d'espagnole remplaçante. 

Elle est arrivée dans la classe avec l'énorme radio-cassette de la classe (oui les enfants CASSETTE). Il y a eu quelques cris de ravissement dans la classe, c'était surtout l'occasion de glander pour la plupart d'entre eux. 

Elle nous a dit qu'on allait étudier un texte. Elle nous a distribué des polycopiés qui sentaient l'alcool et elle a pressé le bouton play. 

Et là j'ai été percutée. 

C'était Manu Chao. 


Et cet album c'était Clandestino

Ce qui m'a frappé c'est qu'il renversait toutes les codes musicaux que je pouvais connaître. Pour moi la musique c'était une mélodie, une ou plusieurs voix, un texte, un refrain. 

Manu est rentré là dedans comme un chien dans un jeu de quille. Avec lui ce ne sont pas les morceaux qui comptent. D'ailleurs, on ne peut plus s'en rendre compte maintenant, mais ses morceaux n'avaient ni début ni fin, ils s'enchainaient sur tout l'album. Un morceau de Manu Chao c'est un univers. Parfois une mélodie revient plusieurs fois. Parfois il aime un trait de cuivres qui va revenir en boucle. Il y ajoute des bouts d'un peu tout, des extraits de télévision, de radio, de son répondeur téléphonique et même les stations du métro madrilène. 

Nous avons étudié Clandestino, l'histoire d'un clandestin appelé à traverser par le rêve occidental qui s'est perdu lui-même dans le détroit de Gibraltar...

Et j'ai surtout eu une révélation avec la deuxième chanson, Desaparecido... L'histoire d'un homme perdu dans sa vie, perdu dans son monde, perdu dans son siècle, qui ne sait pas où il va, qui ne sait pas ce qu'il fait là et que les gens appellent "le disparu".... Qui court pour trouver une raison de vivre, une fin, une vie. Un homme qui porte en lui une douleur qui l'empêche de respirer, un moteur qui ne veut pas s'arrêter...  Qui a dans l'âme un chemin qui n'a pas de fin. Et il termine en disant : 

"Perdido en el siglo veinte, rumbo al veintiuno".

Je suis perdu dans le vingtième siècle, je cours vers le vingt-et-unième. 

Elle était là ma phrase. Une toute petite phrase. Celle qui a sauvé ma vie. Parce qu'il commençait à peine, ce vingt-et-unième siècle tant convoité. Parce que je finissais médiocrement ma vie de collégienne mais que je la finissais. Et comme je dis toujours, si à mon époque il y avait eu Facebook. Si le harcellement avait continué une fois fermée la porte de ma chambre, je pense que je ne serais pas là aujourd'hui. 

Alors voilà, j'ai demandé une copie de la cassette à la prof et pendant des années j'ai écouté cet album et le suivant en boucle. J'ai dansé dans le "Univers du Livre" du coin quand j'ai écouté l'album en live. 

En 2004, je suis allée à Madrid, je vous assure que j'ai fait le métro en long en large et en travers juste pour entendre, comme dans les chansons "Proxima Estacion" "Esperanza" "Avenida de la Paz" "Final de trayecto" (et pas "de tremiento" comme je l'ai cru des années et qui ne veut absolument rien dire). 

J'avais d'ailleurs prévu de partir en Erasmus en Espagne et de vivre là bas. Et puis l'Ex, la vie ... 

Mais aujourd'hui, je remercie mille fois Manu Chao et cette prof qui, sans le savoir, sans me connaître, a sauvé ma vie d'adolescente avec une simple cassette. 



dimanche 31 décembre 2017

Bilan 2017

C'est une tradition bloguesque, depuis mes débuts, même si ça n'intéresse presque que moi... Faire le bilan des articles de l'année me permet de voir le chemin parcouru. 2017 a été un peu moins mouvementée que 2016 et elle m'a semblé passer comme une fusée... les mois se sont enchainés sans même que je m'en rende compte et comme j'ai coutume de dire "si le temps passe vite, c'est qu'il est plutôt bon !"

C'est parti pour le bilan ! 

En Janvier : 


- ça va faire un an que ma cousine est décédée brutalement. Et même si ma mère me reproche de ne pas avoir assez soutenu ma famille, je pense et je prie pour elle et sa maman régulièrement. 

En février : 


- mon fils a été invité à son premier (et seul) anniversaire. Mais il s'est fait beaucoup de nouveaux amis à l'école et même s'il reste le "petit nouveau" j'espère qu'il va pouvoir en faire d'autres cette année. 

Accessoirement j'ai rencontré mon barbu aussi, mais ça je ne vous en avais pas parlé ! 

En mars : 


- j'ai présenté le barbu à Brugnon et j'ai commencé à prendre conscience du chemin que j'empruntais. 

En avril : 


- Je suis retournée dans MA paroisse pour Pâques. Je vais moins à l'église depuis que je suis en ville (pour tout dire, je n'y suis allée qu'une seule fois). Déjà parce qu'elle est plus loin, celle qui est à côté de chez nous est désacralisée depuis des années. Et si j'ai été bien accueillie dans la nouvelle où je suis allée, ce n'est rien comparé à celle où j'ai trouvé la foi. Je doute de retrouver ces sensations un jour et je sais que j'essaierai d'aller dans mon ancienne pour Pâques encore, même si c'est à plus d'1h15 de route. 

En mai : 


- ma voisine du dessous m'a fait une peur bleue et j'ai pas dormi de la nuit. En vrai, maintenant il y a tellement de bruit dans l'immeuble que même quand les voisins mettent de la musique je ne suis plus sûre que ce soit réel ou que je sois en train de rêver... Finalement, vivre en ville va peut être régler mon problème d'insomnie. 

En juin : 


- j'ai parlé de la cigarette et de la grossesse. J'avais même ouvert un nouveau blog pour regrouper les conseils qu'on donne dans nos services concernant la grossesse et l'arrivée de bébé. Et au final, je me suis pris tellement de réflexions par des personnes - qui n'ont visiblement pas besoin de conseils, et surtout pas les "officiels" - que j'ai laissé tomber. Je n'ai pas envie d'investir mon temps et mes bonnes intentions pour me prendre une claque dans la foulée. Les réseaux sociaux auront eu raison de ma passion pour le blog. Définitivement. 

En juillet : 


- Je n'ai pas écrit d'article parce que j'ai déménagé. Ce fut harassant mais dans la bonne humeur, toujours bien entourée de mon chéri, de sa famille et de ma meilleure amie. Des souvenirs que je vais garder pour la vie. 

En août : 


- j'ai appris à m'aimer. Du moins, j'essaie. Avec l'âge, on se connait mieux et surtout on se regarde avec plus d'indulgence. 

- J'ai commencé à vapoter. J'ai eu une nouvelle vapote depuis, plus puissante. Je ne suis pas sûre que j'aurais continué sinon. 

En septembre : 


- j'ai fait un pot au feu et ça a ravivé moultes souvenirs.

En octobre : 


- J'ai fait la paix avec l'ancienne moi. Il m'a fallu 1 an et demi et pas mal d'erreurs que j'ai pris comme autant de châtiments pour parvenir à me pardonner. J'ai retourné une partie de ma colère sur mon ex même si je sais que c'était en grande partie de ma faute. Je regrette certains de mes agissements mais je sais aussi que j'ai vécu une belle histoire (du moins au début), qu'elle était guidée par de bons sentiments (de mon côté) et que je ne serais pas là où j'en suis, je n'apprécierais pas autant ma vie si je n'avais pas vécu cette décennie d'emmerdements. 


En novembre : 


- J'ai fait le point sur le métier d'aide-soignante que j'ai pratiqué cet été. C'était épuisant, c'était flippant mais j'ai vécu de grands moments avec mes collègues et je me suis sentie enfin moi-même avec une équipe sympa. 

Et décembre est passé bien trop vite pour que je fasse quoi que ce soit, mais après tout, on est encore en décembre - pour quelques heures - donc j'ai quand même tenu le challenge ! 

Je vous embrasse, 

Prune



mercredi 29 novembre 2017

Ma vie de (presque) aide soignante

Comme tu le sais peut être (ou pas) je suis Auxiliaire de Puériculture depuis 1 an et demi. J'ai très peu d'expérience, 6 mois en maternité et 6 mois en néonatologie. Les autres 6 mois ? Et bien je les ai passés chez l'adulte. 

Oui tu as bien lu, une auxiliaire de puériculture chez l'adulte.

Une décision de la Direction du CHU pour lequel je travaille. Je ne reviendrais pas là dessus, je n'ai pas choisi, mais j'ai accepté, pour garder mon travail. 

J'ai failli faire un article pour te parler de mon envie de pleurer des premiers jours. Comment je me suis sentie perdue dans un service que je ne connaissais pas, pour un boulot que je ne connaissais pas... Les couleurs des protections, remonter quelqu'un dans un lit sans se péter le dos, et s'entendre dire qu'il fallait que je sois plus organisée et plus rapide...

Mais j'essaie de retenir l'essentiel.

Ce couple tellement soudé à domicile qui m'a appris à me servir d'un verticalisateur.

Ce même couple qui a tapé un scandale quand j'ai changé de tournée parce que "juste quand on commence à s'attacher, on vous arrache à nous, c'est pas juste".

Cette petite dame qui avait toujours froid.

Ce petit couple qui m'offrait toujours un café.

Cette patiente qui n'avait pas vraiment besoin d'être lavée, mais qui m'aurait volontiers invité à déjeuner.

Ces heures à tourner en rond avec ma voiture.

Certaines poignées de main. Certains regards. Quand les mots n'arrivaient pas mais que les gestes parlaient.

Les moments de solitude et d'angoisse aussi.

Ce patient qui m'a jeté dehors parce que j'avais 30 minutes de retard.

Cet autre qui a appelé ma hiérarchie juste parce qu'il s'inquiétait pour moi alors que je m'étais perdue.

Ces patients qui ont vraiment été tristes de me quitter.

La première fois que je me suis fait insultée par un dément et que ça m'a fait rire, même s'il ne fallait pas.

Les patients qu'on retrouve dans le couloir en tenue d'Adam, sans savoir ce qu'ils ont fait de leurs vêtements.

Les combats au SHA, à la sauce ou à d'autres trucs dégoûtants avec les collègues, ou les fringues planqués dans le vestiaire.

Ce patient qui ne pouvait plus parler, mais qui se tapait des barres avec moi pendant la toilette parce que je disais des bêtises.

Les "fous de la gâchette" qui m'appelaient parce que leur fauteuil devait être décalé d'un centimètre à gauche (et je n'exagère pas).

L'ouverture de service, le premier jour dans un vaste chantier à se demander ce qu'on foutait là.

Les fous rires nerveux en se demandant comment on allait faire, l'organisation du service alors que je ne savais même pas comment ça fonctionnait.

Les heures de ménage pour tout installer, le premier patient, les fou-rires en équipe, les pauses clope, le café sacré...

Les quantités de fluides corporels trouvés dans des endroits improbables qui m'ont définitivement immunisée contre à peu près tout.

Et toutes mes premières fois...

La première fois que j'ai rasé un homme et mon angoisse de le couper. Ma premières escarre et l'infirmière qui avait peur que je tombe dans les pommes. Mon premier Oedème Aigü du Poumon et cette heure interminable à tenter de rassurer mon patient qui se sentait mourir. Mon premier décès aussi.

J'ai vécu presque 5 mois de folie qui m'ont épuisés physiquement et moralement.

J'ai aussi vécu des moments incroyables dans le bon ou dans le mauvais sens.

En 5 mois j'ai eu l'impression de redevenir moi-même, d'accepter qui je suis, quelle soignante je suis et de suivre le mouvement. Je me suis rasée la tête, je me suis déguisée pour Halloween, j'ai chanté du Edith Piaf dans les chambres et dansé le Jerk avec les collègues en préparant les repas.

Aujourd'hui je suis retournée dans mon service de néonatologie. Ici on ne danse pas, on chante peu. C'est sérieux la néonat. C'est des soins intensifs. Il faut toujours être sérieux. Je me sens toujours à la traine, toujours jugée, toujours moyenne. J'ai l'impression que je ne serai jamais à la hauteur de ce qu'attendent mes collègues.

Et quand je fini un quart le coeur chavirant de mauvaises ondes, je me dis que merde, j'ai réussi à tenir le coup chez l'adulte où j'estime avoir fait du bon boulot au final. J'ai été une blouse rose parmi les blouses jaunes pendant des semaines. Je peux bien être une blouse rose parmi d'autres sans rougir.

Je peux le faire. 


dimanche 29 octobre 2017

Lettre à la Moi d'il y a 10 ans

Tu as sans doute déjà lu cette chaine sur Facebook : "si tu devais dire une phrase à la fille que tu étais il y a 10 ans, que lui dirais-tu ?". 

Cette chaîne m'a beaucoup énervée au début. Parce que j'étais en colère. Contre moi, surtout. En colère d'avoir choisi ce "père" pour mon fils, en colère de l'avoir défendu envers et contre tous, en colère d'y avoir cru - jusqu'au bout - en colère de m'être réveillée un jour, en colère d'avoir été aveugle, manipulée, crédule, stupide. 

J'avais alors mille mots fleuris pour la jeune gourde que j'étais il y a 10 ans. J'avais envie de lui dire que non, son histoire ne serait pas différente des autres. Qu'elle lisait trop d'histoires romantiques et que la réalité c'était parfois super moche. Que oui, elle allait perdre du monde, faire du tri dans ses amis mais qu'il ne lui rendrait jamais. Et surtout, ce qui lui ferait le plus mal, qu'il n'allait pas aimer son fils aussi fort qu'il le mérite. 

Aujourd'hui, j'ai déposé mon fils chez mes parents et nous sommes repartis, avec mon Barbu, pour une semaine à la maison sans lui. Durant tout le trajet du retour, nous avons discuté, nous avons rigolé, nous avons été mièvres et ça faisait du bien. 

Il m'a fallu du temps. Du temps et beaucoup de travail sur moi-même. Pour laisser entrer cet homme durablement dans mon coeur. Pour lui faire confiance et surtout pour avoir confiance en l'avenir. J'ai longtemps cru en beaucoup d'histoires qui sont mortes avant de commencer. Je ne mettais pas un sou sur celle-là, je n'y croyais pas du tout au départ. 

ça m'a fait repenser à une chanson d'Emmanuel Moire (woohoo, culture de folaïe). 

Parce que, comme je l'ai dit au début de notre rencontre, il faut savoir ce qu'on ne veut plus, avant de savoir ce que l'on veut. 

Il faut avoir vécu dans une mansarde de 40 m² sans ascenseur et sans isolation, pour apprécier vraiment un appartement récent et bien conçu avec un parking (même si les voisins sont super chiants). 

Il faut avoir fait des aller-retours à la laverie, pour apprécier une toute petite machine qui fonctionne bien. 

Il faut avoir passé un an sans four, pour aimer d'amour une vieille gazinière électrique que mon proprio juge à bout de souffle. 

Il faut avoir connu la passion destructrice et douloureuse, pour aimer l'amour tendre et délicat. 

Il faut avoir connu les histoires tortueuses et compliquées, pour aimer la douceur d'une histoire sans accrocs. 

Il faut avoir connu les sorties explosives et luxueuses, cachant l'abandon et la solitude, pour apprécier les soirées streaming tranquilles dans le canapé. 

Il faut avoir connu une famille atypique et une histoire bancale, pour apprécier la douceur d'un foyer uni.  

Aujourd'hui, mon fils est très attaché à son beau-père. Il prend exemple sur lui, il lui fait confiance, il rit et joue avec lui. 

Aujourd'hui, j'ai une belle-famille d'enfer, avec qui j'ai de réels liens et pour qui je ne suis pas une pièce rapportée qu'on regarde avec méfiance. 

Aujourd'hui j'ai un homme tendre et fort, drôle et intelligent, sur lequel je peux toujours compter et qui sera toujours là pour nous, comme je serai là pour lui. 

Un homme qui m'apprécie telle que je suis - même si ça le fait parfois grincer des dents - parce qu'il "aime avoir une femme pas comme tout le monde". 

Un homme jeune, mais mature, qui a su construire avec moi notre histoire autour de mon fils. On ne s'oublie pas, mais on ne l'oublie pas non plus. 

On jongle avec nos boulots, notre enfant, nos tâches ménagères et pourtant je n'ai JAMAIS l'impression de faire passer quelque chose avant l'autre. 

J'ai l'impression - enfin - de vivre en harmonie chez moi. 

Alors non, je ne dirais pas à la fille d'il y a 10 ans qu'elle va probablement faire la plus belle c*nnerie de sa vie. 

Je lui dirais que, pour apprécier un bon repas, il faut d'abord avoir faim. 

Que pour savoir courir, il faut d'abord apprendre à marcher. 

Et que pour apprécier vraiment son bonheur de demain, il faut peut être qu'elle souffre aujourd'hui.